Attribuer (verbe)


Définition de l'Académie française (éd. 1986)

Verbe 

XIV e siècle. Emprunté du latin attribuere, « assigner quelque chose à une tribu pour son partage ».
1. Donner en partage ; allouer ; conférer. Lors du règlement de la succession, on lui a attribué le château et les terres. Attribuer des crédits supplémentaires à un ministère. Attribuer un avantage, une distinction, un emploi. Attribuer le rôle principal à un acteur. Pron. Prendre un avantage auquel on n'a pas droit. Il s'est attribué la part du lion. Elle s'est attribué le beau rôle. S' des droits, des privilèges.
2. Considérer quelque chose comme propre à ; prêter une qualité. On lui attribue les pires défauts. Vous n'avez pas attribué à ce fait l'importance qu'il méritait.
3. Imputer ; donner la responsabilité ou le mérite de. Ne lui en attribuez pas la faute. On lui attribue cette victoire. Pron. Ce général s'attribue un succès auquel il n'a point eu de part. Il s'est attribué tout le mérite de la découverte. S' l'ouvrage d'autrui. Par ext. On attribua ce phénomène à la forte chaleur. On attribue ce trait de caractère à l'éducation. L'incendie a été attribué à la malveillance. Spécialt. Attribuer une œuvre à un auteur, présumer qu'elle est de lui, d'après témoignages et indices. On lui attribue ce livre, mais il n'en est pas l'auteur. Cette pièce est attribuée à Sénèque. Un portrait attribué à Albert Dürer.


Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)

Verbe 

Conférer à quelqu'un un avantage, une prérogative, un emploi. "Jadis, aux premières charges de l'État étaient attribués de grands privilèges. Les émoluments qui furent attribués à cet emploi. Quelles fonctions a-t-on attribuées à ce magistrat? La connaissance de ce genre d'affaires leur est attribuée."
Il se dit aussi lorsqu'on considère que quelqu'un est la cause, l'auteur où le principal instrument de quelque chose et signifie Imputer à quelqu'un un acte, lui prêter un mérite, etc. "On lui attribue cette victoire. Ne lui en attribuez point la faute. On lui attribue ce livre, mais il n'en est pas l'auteur. Ce général s'attribue un succès auquel il n'a point eu de part. S' l'ouvrage d'autrui. S' des droits, des privilèges. Chacun des deux partis s'attribua la victoire." On l'applique aux choses dans un sens analogue. "Ils attribuaient ce phénomène à la pluie. On attribue ce trait de caractère à l'éducation."
Il signifie encore Affirmer qu'une personne, qu'une chose a une certaine qualité, un certain effet. "Vous lui attribuez des vertus, des vices qu'il n'a pas. Il a toutes les bonnes qualités qu'on lui attribue. C'est un remède auquel j'attribue ma guérison."



Dictionnaire d'Emile Littré

Verbe 



 1   Attacher, annexer, conférer. Attribuer au Conseil d'État la connaissance de telles et telles affaires. Les anciens attribuaient une nature divine à la terre.
VERTOT: « C'est contre cette puissance absolue qu'on veut aux décemvirs, que je m'élève aujourd'hui »
VOLT.: « Le roi défendit aux princes et aux pairs d'aller opiner dans le parlement de Paris sur des affaires dont il attribuait la connaissance à son Conseil privé »

 2   Rapporter à, imputer. Attribuer à quelqu'un le salut de l'empire. Il attribuait tous nos succès au hasard. On vous attribue beaucoup de propos que vous n'avez jamais tenus. On lui attribue le pamphlet qui vient de paraître.
BOSSUET: « On ne se trompe pas, chrétiens, quand on attribue tout à la prière ; Dieu, qui l'inspire, ne lui peut rien refuser »
RAC.: « Dans ma confusion que Roxane, madame, Attribuait encore à l'excès de ma flamme »

 3   S'attribuer, à soi, revendiquer. Il s'attribue plus d'habileté qu'aux autres. Chacun s'attribue l'honneur du bien qui se fait. De sorte que des deux côtés on s'attribua l'avantage de la journée.
BOSSUET: « Il n'a pas cru s' trop, quand il s'est dit l'égal de Dieu »

 4   S'attribuer, v. réfl. Être attribué. Le nom de père du peuple s'attribue justement à Louis XII.

SYNONYME
    ATTRIBUER, IMPUTER. Imputer veut dire que l'on met sur le compte de ; , que l'on attache à, que l'on rapporte à. Par conséquent, a une signification plus générale. Ce qu'on attribue n'implique rien de favorable ni de défavorable. Ce qu'on impute n'est pas indifférent, c'est un blâme, ou quelquefois une louange ; car on impute aussi à bien, à mérite. Attribuer des vers à quelqu'un, c'est dire seulement, à tort ou à droit, qu'il en est l'auteur ; imputer des vers à quelqu'un, ce serait faire entendre que les vers dont on parle méritent l'animadversion.

HISTORIQUE
    XIVème siècle
BERCHEURE: « Que ce qui estoit le fourfait de Appius Claudius, il ne vousissent atribuer à lui »
ORESME: « Felicité qui est si très grant bien et qui ne doit pas estre attribuée à fortune »
ORESME: « Et entre les premieres et les plus nobles conditions que il lui attribuet »
    XVème siècle
FROISS.: « Le roi Philippe a acquis le chastel de Arleux en Pailluel, qui est terre de l'empire, et l'a attribué au royaume de France »
FROISS.: « Ainsi s'en vouloit chacune partie l'honneur »
COMM.: « Attribuer à Dieu [les grâces et honneurs qu'il avait reçus] »
    XVIème siècle
CALV.: « Et de fait, le nom de seigneur ne s'attribue particulierement à Jesus Christ pour autre raison, sinon.... »
CALV.: « Les privileges qu'ils s'attribuent »
MONT.: « Attribuer au rang le loz qui appartient au merite »
MONT.: « Aulcuns attribuoient la cause de la mort du jeune Caton à la crainte »
MONT.: « Ils attribuoient la divinité, non seulement aux vertus, mais aussi aux vices »
MONT.: « Le juge ne peult à punition ce qui vient à gré à celuy qui le souffre »
AMYOT: « Nous en ons justement la coulpe à nous-mesmes »

ÉTYMOLOGIE
    Provenç. attribuir ; espagn. atribuir ; ital. attribuire ; de e, de ad, à, et tribuere, accorder (voy. TRIBUT).

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE ATTRIBUER.

 2   Ajoutez :
    Attribuer à négligence, regarder la négligence comme cause de.
J. J. ROUSS.: « Je ne supporterais pas l'idée que vous attribuassiez à négligence ou à indifférence un silence que je compte parmi les malheurs de mon état »


1ère signification éditée en 1835 par l'Académie Française

Verbe 


Attacher, annexer, conférer quelque prérogative, quelque avantage, etc. "L'édit de création de cette charge y avait attribué de grands priviléges. Les émoluments qui furent attribués à cet emploi. Quelles fonctions a-t-on attribuées à ce magistrat? La connaissance de ce genre d'affaires leur est attribuée."
"S' des droits, des priviléges, etc.," Prétendre certains droits, certains priviléges, etc.



2ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



signifie aussi, Rapporter, référer une chose à celui qu'on prétend en être la cause, l'auteur, ou le principal instrument. "On lui attribue cette victoire. On lui attribue la perte de cette bataille. Ne lui en attribuez point la faute. On lui attribue ce livre, mais il n'en est pas l'auteur. Ce général s'attribue un succès auquel il n'a point eu de part. S' l'ouvrage d'autrui. Chacun des deux partis s'attribua la victoire." On l'applique Aux choses dans un sens analogue. "Ils attribuaient ce phénomène à telle cause. On attribue cette maladie au climat."
Il signifie encore, Affirmer qu'une personne, qu'une chose a une certaine qualité, une certaine vertu. "Vous lui attribuez des vertus, des vices qu'il n'a pas. Il a toutes les bonnes qualités qu'on lui attribue. C'est un remède auquel on attribue de grandes vertus."



1ère ancienne définition de 1798 (Académie Française)

Verbe 


Attacher, annexer quelque prérogative, quelque privilége, quelque utilité, etc. "L'Édit de création de cette Charge y attribue de grands priviléges. Les gages, les émolumens qui ont été attribués à la Charge de.... Le Roi a attribué à chaque particulier de cette Compagnie, le droit de Committimus".



2ème ancienne définition de 1798 (Académie Française)



Attribuer, signifie aussi, Rapporter, référer une chose à celui qu'on prétend en être la cause, l'auteur, ou le principal instrument. "On lui attribue cette victoire. On lui attribue la perte de cette bataille. Ne lui en attribuez point la faute. On lui attribue ce livre-là, mais il n'en est pas l'Auteur. Il s'attribue le travail d'autrui".
On dit, "Attribuer une qualité, une vertu à une personne, à une chose," pour dire, Affirmer qu'une personne, qu'une chose a une certaine qualité, une certaine vertu. "Vous lui attribuez des vertus et des vices qu'il n'a pas. Il a toutes les bonnes qualités qu'on lui attribue. C'est un remède auquel on attribue de grandes vertus".



1ère signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)

Verbe 


Attacher, annexer quelque prérogative, quelque privilège, quelque utilité, &c. "L'Édit de création de cette charge y attribue de grands privilèges. Les gages, les émolumens qui ont été attribués à la charge de... Le Roi a attribué à chaque particulier de cette Compagnie le droit de Committimus."



2ème signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)



signifie aussi, Rapporter, référer une chose à celui qu'on prétend en être la cause, l'auteur, ou le principal instrument. "On lui attribue cette victoire. On lui attribue la perte de cette bataille. Ne lui en attribuez point la faute. On lui attribue ce livre-là, mais il n'en est pas l'Auteur. Il s'attribue le travail d'autrui."
On dit, "Attribuer une qualité, une vertu à une personne, à une chose," pour dire, Affirmer qu'une personne, qu'une chose a une certaine qualité, une certaine vertu. "Vous lui attribuez des vertus & des vices qu'il n'a pas. Il a toutes les bonnes qualités qu'on lui attribue. C'est un remède auquel on attribue de grandes vertus. Les Astrologues attribuent une puissance bienfaisante à la Planète de Jupiter."



Définition du dictionnaire de Jean-François Féraud (édition de 1788)


ou ATRIBUER, v. a. [l'"u" est bref; devant l'"e" muet il est long; il "atribûe".] 1°. Atacher, annexer à... "Atribuer à" une charge "des" gages, "des" émolumens, "des" privilèges.
- 2°. Raporter à.... Nous ne devons "atribuer" nos malheurs qu'"à" nous-mêmes.
- 3°. Acorder: 'A-t-il toutes les qualités qu'on "lui attribûe"?
- 4°. "S'atribuer", régit l'acusatif, le "se" étant au datif. 'Il "s' atribue" (à lui-même) de grands droits: 'Vous devez "vous atribuer" ce mauvais succès; il "s'atribue la" gloire de ce succès.



Signification éditée en 1694 (selon l'Académie Française)

Verbe 


Attacher quelque prerogative, quelque privilege, à une charge, ou a une personne en vertu de sa charge, de son employ. "L'Edit de creation attribuë tant de gages, tant d'émolumens à la charge de .... il y a attribué les privileges de .... le Roy a attribué à chaque particulier de cette compagnie le droit de committimus".
"Attribuer quelque chose à quelqu'un," s'employe, pour dire, qu'Il en est la cause, qu'il en est l'autheur. "On luy attribuë cette victoire. on luy attribuë la perte de cette bataille, ne luy en attribuez point la faute. on luy attribuë ce livre-là, mais il n'en est pas l'autheur. il s'attribuë le travail d'autruy".
"Attribuer une qualité à une personne, à une chose," c'est assurer, prétendre, qu'une personne, qu'une chose possede une qualité. "Vous luy attribuez des vertus qu'il n'a pas. les Astrologues attribuent une puissance benefique à Jupiter".




Emplacement dans le dictionnaire :

attrape-minon
attrape-mouche
attrape-niais
attrape-nigaud
attrape-vilain
attraper
attrapeur
attrayant
attribué

attribut
attributaire
attributif
attribution
attristant
attristé
attrister
attrition
attritionnaire
attroupement
attrouper




Quelques citations relatives :

Citation n°1 de Émile DURKHEIM (De la division du travail social)

...prit naissance : elle se substitua à la famille dans l'exercice d'une fonction qui avait d'abord été domestique, mais qui ne pouvait plus garder ce caractère. Une telle origine ne permet pas de lui attribuer cette espèce d'amoralité constitutionnelle qu'on lui prête gratuitement. De même que la famille a été le milieu au sein duquel se sont élaborés la morale et le droit domestiques, la corporation est...


Citation n°2 de Émile DURKHEIM (De la division du travail social)

...du travail. Qu'elle ait réellement ce résultat, c'est ce qu'on ne peut songer à discuter. Mais si elle n'en avait pas d'autre et ne servait pas à autre chose, on n'aurait aucune raison pour lui attribuer un caractère moral. En effet, les services qu'elle rend ainsi sont presque complètement étrangers à la vie morale, ou du moins n'ont avec elle que des relations très indirectes et très lointaines....


Citation n°3 de Émile DURKHEIM (De la division du travail social)

...si l'autorité extraordinaire que le croyant prête à la divinité peut rendre compte du prestige particulier de tout ce qui est religieux, il reste à expliquer comment les hommes ont été conduits à attribuer une telle autorité à un être qui, de l'aveu de tout le monde, est, dans bien des cas, sinon toujours, un produit de leur imagination. Rien ne vient de rien ; il faut donc que cette force qu'il a lui...


Citation n°4 de Émile DURKHEIM (De la division du travail social)

...effet de la compression. Nous en avons dit plus haut la raison. Si l'on a cru parfois que la contrainte avait été plus grande autrefois qu'aujourd'hui, c'est en vertu de cette illusion qui a fait attribuer à un régime coercitif la petite place faite à la liberté individuelle dans les sociétés inférieures. En réalité, la vie sociale, partout où elle est normale, est spontanée ; et si elle est anormale,...


Citation n°5 de Émile DURKHEIM (De la division du travail social)

...à l'état de pureté : c'est un type partiellement idéal qui se dégage de plus en plus de l'évolution, mais qui n'a pas encore été complètement réalisé. Par conséquent, pour avoir le droit de lui attribuer les caractères que nous venons de dire, il faudrait établir méthodiquement que les sociétés les présentent d'une manière d'autant plus complète qu'elles sont plus élevées, abstraction faite des cas...


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